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Pyrénées Atlantiques, France
LA PAROISSE LA TRINITE D'OLORON COMPREND LES RELAIS DE STE-CROIX, STE-MARIE-ST-PEE, NOTRE-DAME-GOES, BIDOS-SOEIX. PRESBYTERE:secrétariat 2, rue Centulle,OLORON-STE-MARIE TEL:0559390170 FAX:O559360928 E.MAIL: paroissetrinite@wanadoo.fr LA PAROISSE ST JACQUES DU PIEMONT COMPREND LES EGLISES D’AGNOS, AREN, ASASP,ARROS,EYSUS,GERONCE,GEÜS, GURMENÇON, LURBE ST-CHRISTAU,MOUMOUR,ORIN ET ST-GOIN PRESBYTERE: 5, rue du Gave 64400 Gurmençon Tél/fax 05 59 39 87 28 PRÊTRES- pour les deux paroisses: Abbés Daniel DECHA,curé. Jean Marie BARENNES,prêtre- coopérateur. *Eustache-Fortuné HOUNDJEMON prêtre «fidei donum» du diocèse de Cotonou (Bé­nin), en mis­sion d'étu­des à l'Institut Catholique de Toulouse, prêtre coopérateur de la paroisse la Trinité d'Oloron - Oloron, pour 3 ans.

Archives du blog

22/12/2014


Edi­to­rial de «Fa­mille Chré­tienne» écrit par Ay­me­ric Pour­baix

«Di­tes, si c’était vrai?

 s’ex­cla­mait Jac­ques Brel en 1958. S’il était né vrai­ment à Bethlé­em dans une éta­ble? […] C’est tel­le­ment beau, tout cela, quand on croit que c’est vrai.»

L’in­ter­ro­ga­tion du poète, qui lui va­lut le sur­nom de « l’ab­bé Brel », ca­rac­té­rise as­sez jus­te­ment no­tre épo­que, prise en­tre le dé­sir de croire pour ré­pon­dre à son vide spi­ri­tuel, et d’au­tre part le doute et la cri­ti­que à l’égard de l’Église, in­tro­duits par les phi­lo­so­phes du soup­çon – Freud, Nietzsche et Marx. Ces trois-là, avec d’au­tres, ont exal­té chez l’homme ses pul­sions, sa force et son ac­tion ma­té­rielle, mais tou­jours au dé­tri­ment de son âme. Culte de l’homme qui re­pro­duit l’an­ti­que ten­ta­tion du Ser­pent d’être «comme des dieux» (Gn 3, 5), de pren­dre la place de Dieu jus­qu’à s’ap­pro­prier l’ul­time pou­voir : ce­lui sur la mort, comme le font au­jourd’hui les par­ti­sans de l’eu­tha­na­sie.

Cette vo­lon­té or­gueilleuse, on la re­trouve dans un ar­gu­ment uti­li­sé par un édi­to­ria­liste fa­vo­ra­ble au sui­cide as­sis­té, se­lon qui choi­sir le mo­ment de sa mort «ne peut pas être une faute» pour un ca­tho­li­que qui veut al­ler à Dieu (L’Ex­press, 10  dé­cem­bre). Af­fir­ma­tion qui ne peut res­ter sans ré­ponse, car elle tou­che au cœur de l’exis­tence : qui dé­cide de ma mort, donc de ma vie ? Dieu, ou moi-même ?

Aux hom­mes ten­tés de se faire dieu,
Noël op­pose un Tout-Puis­sant qui s’abaisse.
C’est pré­ci­sé­ment pour ré­pon­dre à cette ques­tion, ce qu’au­cune loi ne pour­ra faire, qu’il nous faut re­dé­cou­vrir cha­que an­née l’émer­veille­ment po­pu­laire de cette sainte nuit de Noël. Faite d’ad­mi­ra­tion, de gra­ti­tude, de sim­pli­ci­té, de con­so­la­tion, elle est même le par­fait an­ti­dote : à l’homme qui veut s’éle­ver par ses pro­pres for­ces, elle op­pose la toute-puis­sance d’un Dieu qui s’abaisse. Qui naît dans une pau­vre bour­gade de Ju­dée, et pas à Rome, à Athè­nes ou à Jé­ru­sa­lem.

Pa­ra­doxes ver­ti­gi­neux d’un Dieu fait homme, et qui ne se ré­sol­vent qu’en af­fir­mant le pri­mat de la grâce. « Croyez-vous que Jé­sus Christ ait be­soin de la san­té, de l’in­tel­li­gence, de la vi­gueur des hom­mes pour opé­rer ? », écri­vait à un ami ma­lade le Père Hen­ri Dif­fi­né, un des meilleurs con­fes­seurs pa­ri­siens du dé­but du XXe ­siècle. « Ma grâce te suf­fit », af­fir­mait déjà saint Paul (2 Cor, 12, 9). Mys­tère qui fas­ci­ne­ra les ber­gers, mais aus­si les plus grands es­prits qui sau­ront se re­con­naî­tre hum­ble­ment dé­pen­dants, comme Pas­cal lors de sa fa­meuse «nuit de feu», nuit mys­ti­que de 1654, où il af­fir­me­ra re­non­cer au Dieu «des phi­lo­so­phes et des sa­vants».
À tout pren­dre, la dis­tance res­pec­tueuse du poète de­vant le mys­tère, celle d’un Jac­ques Brel, est donc un ter­rain plus fa­vo­ra­ble pour l’évan­gé­li­sa­tion. À con­di­tion de faire en­ten­dre haut et fort la ré­ponse, celle qui fut don­née par Paul Clau­del, lors de sa con­ver­sion, à Noël 1886 :
«C’est vrai! Dieu existe, Il est là! C’est Quel­qu’un, c’est un être aus­si per­son­nel que moi! Il m’aime, Il m’ap­pelle!» 
Joyeux Noël !

21/12/2014

Bergers branchés.             (Abbé Jean Casanave)

Un jeune curé parisien « high tech » se présentait récemment à un groupe de chrétiens «provinciaux.» Il leur expliquait que la « gestion » actuelle d’une paroisse n’avait rien à voir avec l’amateurisme plus ou moins éclairé qui régnait jusqu’ici dans la conduite de ce genre de communauté humaine. Il était, de fait,  à la tête d’une petite entreprise et il avait dû participer à un stage qu’un certain nombre de spécialistes « très pointus » avaient proposé à de jeunes prêtres comme lui, en vue de les initier aux méthodes du management moderne. Le curé d’une paroisse importante doit, en effet, maîtriser la communication et l’image, savoir gérer les ressources humaines comme un bon DRH, suivre de près les questions financières, salariales et comptables, savoir faire appel à des « coaches » pour optimiser les résultats etc.

Après cette brillante démonstration à laquelle j’assistais, je m’apprêtais à rejoindre la caisse des vieux outils périmés que l’on garde pour une décoration possible, lorsque je suis passé devant la crèche de l’église où avait lieu cette conversation. Les bergers et les moutons étaient en place en attendant les mages qui avaient encore du chemin à parcourir. Même si le décor n’a rien à voir avec le caravansérail qui, à l’époque de Jésus, servait à abriter bêtes et gens, la présence de ces santons m’a remis en mémoire une phrase de notre Pape demandant aux pasteurs de s’imprégner de l’odeur des moutons, de n’être pas toujours en tête, de se placer au milieu d’eux…

Les bergers que je connais, surtout quand ils fabriquent leur fromage en montagne, n’ont pas beaucoup de mal à sentir la brebis. Pourtant ils ont, eux aussi, grandement amélioré leurs conditions de vie. Ils peuvent profiter de cabanes confortables, bien équipées, dotées de panneaux solaires qui leur offrent la possibilité de ne jamais être coupés de leur famille ou du reste du monde. Ils bénéficient même de transports héliportés qui laissent les vieux ânes au chômage technique !

Mais tous savent bien que ces améliorations technologiques ne remplacent en rien la longue expérience de ces hommes silencieux, parfois taciturnes, qui ne quittent jamais trop longtemps le troupeau de leurs yeux. Ils savent que les bêtes les plus anciennes prennent la bonne direction, qu’elles savent où se réfugier en cas de bourrasque ou de chaleur excessive, qu’elles n’ont pas besoin du berger pour choisir la bonne herbe ou s’abreuver dans des endroits précis. Par contre, le pasteur veille au danger, envoie les chiens pour éviter que quelque étourdie ne se perde, leur prépare un enclos protecteur pour la nuit, repère les dominantes et prend soin des plus faibles, sépare celles qu’il faut traire des autres et que sais-je encore…
La troupe des fidèles d’une paroisse a certainement besoin d’un curé qui utilise tous les outils modernes qui sont à sa disposition. Mais ces techniques ne sont pas neutres. Elles sont porteuses d’une culture, celle justement de managers et parfois de déménageurs. 

Berger, tu ne perds jamais ton temps à regarder vivre tes brebis, à les écouter et même à les suivre. Elles ont comme toi, et parfois mieux que toi, le « sens de la Foi. » Elles t’apprendront à être ce que tu es : un bon pasteur…

Disposez vite les petits moutons au premier rang de la crèche. Le Berger des bergers a besoin de les sentir près de Lui…

BON NOËL !


18/12/2014




                   La Trinité d'Oloron -Oloron 


Lundi 15 décembre              18h Chapelet et messe à la Cathédrale.

Mardi 16 décembre            
      ◊ 17h Célébration et goûter de Noël pour les enfants des CE
      ◊ 18h30 Messe à la Cathédrale.
                 

Mercredi 17 décembre        
             ◊ 9h15 – 12h  Aumônerie des 6ème à Saint Joseph
             ◊ 14h45 Messe au Capa Camou.
             ◊ 17H30 Rencontre œcuménique, rue de la Fraternité
             ◊ 17h30-18h30 Adoration du Saint-Sacrement,
            Vêpres et messe à la Cathédrale.
             ◊ 20h Réunion et repas festif du CCFD-Terre Solidaire.

Jeudi 18 décembre      ◊ 15h Sacrement du Pardon Sainte Marie.
                          ◊ 18h30 Messe à Saint-Pée.
             19h Célébration du pardon Notre-Dame.

Vendredi 19 décembre 
10h30 Cathédrale, célébration de Noël de l’école Jeanne d’Arc.
       18h30 Prière de Louange : Cathédrale.
Samedi 20 décembre 
10h-12h répétition de Noël à Notre Dame.
14h répétition de la Chorale Béarnaise Ste Croix

- 4ème Dimanche de l'Avent  -
Quête pour les prêtres âgés

Samedi 20 décembre
         16h45 Prière du Rosaire pour la Paix et la Vie à Notre Dame
         17h Messe à l’Âge d’Or.
         18h30 Messe à Notre-Dame.

Dimanche 21 décembre
          9h00  Messe au Carmel.
         10h30 Messe à Sainte-Marie.
         18h30 Messe à Sainte-Croix.


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NOEL                    


Mercredi 24 décembre
         17h Messe de Noël en béarnais à Ste Croix
         19h30 Messe de Noël animée par les enfants du catéchisme à Notre- Dame.
         22h30 Veillée-Messe de Noël en la cathédrale.

Jeudi 25 décembre  
 9h Messe au Carmel
 10h30 Messe à Sainte Marie.
 18h30 Vêpres et Messe de Noël à Sainte Croix

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Saint Jacques du Piémont - Gurmençon



Mardi 16 décembre 14h30 Chapelet à Aren. (Mys­tè­res Glorieux)

Jeudi 18 décembre  9h Messe à Moumour (I.P.)

Vendredi 19 décembre
      15h Messe au Capa Gurmençon.
    18h Messe à Lurbe (Huitaine Jean Castillou).

Samedi 20 décembre 10h-11h30 Répétition de Noël
pour les enfants du catéchisme à Géronce

- 4ème Dimanche de l'Avent -
Quête pour les prêtres âgés

Samedi 20 décembre  17h30  Messe à Saint Goin
(3° anniversaire Marcel Lacazette, famille Mandagaran)

Dimanche 21 décembre 10h30 Messe à Gurmençon
(André Idiart, famille Laborde-Boy, famille Doumecq)


NOEL

creche nativite 005
Mercredi 24 décembre
        19h Veillée et messe de Noël à Géronce.
Jeudi 25 décembre  10h30 Messe à Gurmençon.


07/12/2014


La Trinité d'Oloron -Oloron 


Au Carmel, Messe tous les jours à 9h00

Lundi 8 décembre      Fête de l'immaculée Conception
18h Chapelet et messe bilingue à la Cathédrale et procession des lumières.

Mardi 9 décembre     18h30 Messe à la Cathédrale.

Mercredi 10 décembre 17h30-18h30 Adoration du Saint Sacrement, Vêpres et messe à la Cathédrale.

Jeudi 11 décembre      18h Prière à Saint-Pée.
18h30 Messe bilingue à Soeix (Fête de Sainte Lucie).

Vendredi 12 décembre 17h Messe au Capa La Pis­tole
                         18h30 Prière de Louange : Cathédrale.

- 3ème Dimanche de l'Avent -

Samedi 13 décembre
15h  Messe à l'hôpital.
18h30         Messe à Notre-Dame.
Tous les samedis Eglise Notre-Dame
16h45-18h15
Prière  pour la PAIX et  pour la Vie.
Récitation du Rosaire

Dimanche 14 décembre
9h00 Messe au Carmel.
10h30     Messe à Sainte-Marie.

◊ Le diman­che 14 dé­cem­bre - Ca­thé­drale, vente d'ob­jets confectionnés par le groupe «Tri­co­thé» au profit de la pa­roisse.

18h30      Messe à Sainte-Croix.

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INFOS

Lundi 8 décembre Après-midi récréative organisée par la Conférence Saint Vincent de Paul à la Rue d'Arboré à 15h

Mardi 9 décembre
Réunion de l'aumônerie santé des établissements du Béarn à Pau à 10h

Mercredi 10 dé­cem­bre
◊ Ca­té­chèse des 5è­mes au collège Saint-Jo­seph.
◊ Goû­ter  du Se­cours Ca­tho­li­que à la rue d'Arboré à 14h
◊ Réu­nion de l'équipe liturgique préparation de Noël au Presbytère à 18h.

Ven­dre­di 12 décembre Eveil à la Foi à l'école Jeanne d'Arc à 12h40

Samedi 13 dé­cem­bre
◊ Ré­pé­ti­tion de la veillée de Noël des enfants à l'église Notre Dame à 10h
◊ Jour­née de Lou­rdes Cancer Es­pé­rance à Pau à la mai­son Saint Mi­chel  101 ave­nue Trespoey.

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   DEUIL - Les ob­sè­ques de M. Char­les Pi­quet ont eu lieu le lun­di 1er dé­cem­bre en l'église de Goès. M. Char­les Pi­quet a par­ti­ci­pé ac­ti­ve­ment à la vie de la pa­roisse la Tri­ni­té d'Olo­ron : le jour­nal Bonne Nou­velle, la ker­messe sur le quar­tier de l'église Sainte Croix. Nous prions à son in­ten­tion, et adres­sons nos con­do­léan­ces à toute sa fa­mille.

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L'équipe d'Aumônerie-Santé de l'hô­pi­tal
a fait le bi­lan de ses dernières ac­ti­vi­tés.
          Ses membres font appel aux per­son­nes sus­cep­ti­bles de venir ré­gu­liè­re­ment vi­si­ter les malades hos­pi­ta­li­sés.
Pour tout renseignement s'adresser au se­cré­ta­riat.


Temps de l'Avent
Temps de l'Attente
Temps de l'Espérance
Nous méditerons avant la messe dominicale
à partir de textes de
2ème dimanche : Saint Jean-Paul II
3ème dimanche : le Bienheureux Paul VI
4ème dimanche : le Pape émérite Benoît XVI

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Durant ce temps, prenez part à la mé­di­ta­tion
du  cha­pe­let le lundi soir à 18h à Sainte Marie
ou le mardi 9 décembre à 15h à Eysus.

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Tous les samedis à l'église Notre Dame
de 16h45 à 18h15
Prière pour la Paix et la Vie
Récitation du Rosaire.

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  Saint Jacques du Piémont - Gurmençon



Mardi 9 décembre
15h Chapelet à Eysus. (Mys­tè­res dou­lou­reux)

Jeudi 11 décembre
9h Messe à Ey­sus  (Fa­mille Besingrand et Oustalet)

Vendredi 12 décembre
9h Messe à Orin (I.P.).
Samedi 13 décembre
10h-11h30 Répétition de Noël  pour les enfants du catéchisme à Géronce

- 3ème Dimanche de l'Avent -

Samedi 13 décembre
17h30 Messe à Agnos (Huitaine Eulalie Bisquer-Ange) (I.P.)

Dimanche 14 décembre
10h30 Messe à Géronce.
(1e an­ni­ver­saire René Bellocq, Alice Le­cuix,  fa­mille Casa­mayor-Larrey, famille Ondarçuhu-Pucheu)



02/12/2014

21/11/2014


Rétrécir Dieu : funeste tentation !  



Dans son discours de clôture de la première partie du synode consacré à la famille, où l’on a vu se manifester  certaines attitudes de blocage de la part de hauts personnages de l’Eglise avant même que le débat soit ouvert, le Pape François a pointé cinq tentations à l’adresse des acteurs de cette assemblée. J’ai plus particulièrement retenu la cinquième car elle me paraît être à la racine de toutes les autres et elle nous concerne tous.

 Cinquième tentation « La tentation de négliger le depositum fidei
 (ndlr : le dépôt de la foi) en se considérant non comme les gardiens mais les propriétaires et les maîtres ou, d’autre part, la tentation de négliger la réalité en utilisant une langue minutieuse et un langage pour dire tant de choses et ne rien dire.Nous appelons "byzantinisme" je crois, ces choses. »

Notons au passage l’emploi du verbe négliger qui prend à revers ceux qui justement accusent les autres de brader la doctrine.

« Bien dire Dieu »

Qui n’a pas cédé à la facilité de prêter à Dieu ses idées et sa parole en affirmant péremptoirement :« C’est la volonté de Dieu » « Jésus a dit que…C’est ainsi qu’Il a fait et qu’il faut faire…» Ce faisant, non seulement nous enfermons Dieu dans des mots à géométrie humaine mais nous l’exposons à devenir l’enjeu de nos controverses conceptuelles ou idéologiques dont Il ne peut que sortir défiguré aux yeux de ceux qui le cherchent « en vérité ».

C’est justement ce mot « vérité » qui vient nous piéger. En établissant une équivalence entre elle et Dieu, nous lui attribuons une sorte d’éternité (les vérités éternelles !) et il suffit de franchir un pas de plus pour  rendre son expression elle-même immuable et comme revêtue d’un caractère sacré. Nous tombons, alors, dans la tentation d’enfermer Dieu dans nos catégories humaines. « Nous n’avons jamais la vérité, dans le meilleur des cas c’est elle qui nous a » répondait Benoît XVI à son interlocuteur dans
 « Lumière du monde » (1). 

Et si Dieu était justement Celui qui vient faire éclater tous nos concepts les plus élaborés et nos certitudes les plus assurées !
Rappelons-nous la prudence des premiers chrétiens qui ont donné leur label à quatre évangélistes et non à un seul  se contentant d’évangiles selon tel ou tel, chacun laissant l’espace libre à d’autres variantes. Rappelons encore le réflexe lourd de signification de nos frères aînés, les Juifs, qui refusent de prononcer le Nom donné à Moïse sur le Sinaï.

 St Justin, à son tour, s’interrogeait sur le mot même de Dieu:
« …personne n’est capable d’attribuer un nom au Dieu qui est au-dessus de toute parole, et si quelqu’un ose prétendre qu’il en a un, il est atteint d’une folie mortelle. Ces mots : Père, Dieu, Créateur, Seigneur et Maître ne sont pas des noms, mais des appellations motivées par ses bienfaits et par ses œuvres. Le mot Dieu n’est pas un nom, mais une approximation naturelle à l’homme pour désigner une chose inexplicable. »

Nul n’est propriétaire du « bien dire Dieu » ou du dépôt de la Foi.

 Vous me direz : « Mais que faites-vous des dogmes » ? Les dogmes ont souvent été donnés à l’Eglise à la suite de déviations comme des balises à respecter pour ne pas quitter le chemin de la Foi. Ainsi, jouent-ils justement le rôle de gardiens. En outre, leur vocabulaire est marqué par la culture et le contexte historique de leur époque comme le faisait remarquer le Père Congar 

« Un peu de sens historique permet en effet de résoudre une difficulté qu’on entend souvent exprimer. Si l’Eglise, dit-on, supprime un interdit qu’elle a porté autrefois, c’est qu’elle s’est trompée alors… L’objection pèche en ceci qu’elle retire les actes de l’Eglise à l’histoire et à ses conditionnements pour les placer dans un en-soi de vérité intemporel, sans père ni mère, sans contexte et sans humanité. »(2).

Faut-il pour autant en revenir à la position des apophatiques qui opposaient un silence précautionneux à tout discours sur Dieu ? Ce serait faire fi du désir irrépressible de celui qui veut toujours mieux connaître Celui qu’il aime. C’est pourquoi le théologien remet sans cesse les mêmes questions à l’ouvrage afin que le dépôt de la Foi, évitant les impasses, continue son chemin et se développe pour rejoindre nos contemporains.  Mais alors, la doctrine éprouvée tomberait-elle sous la loi du changement ?

St Vincent de Lérins, déjà au 5ème siècle, employait l’image de la croissance du corps humain pour expliquer comment le dépôt de la Foi croît tout en restant lui-même.

Ce qui est dit des réalités divines peut être dit aussi des réalités humaines et de la réalité tout court. A trop vouloir les saisir dans leur complexité, on tombe dans un stérile
 « byzantinisme » conceptuel. Ce que les mots échouent à dire, le geste, le regard, l’art, le symbole y parviennent parfois. « Marche en ma présence » demandait Dieu déjà à Abraham en guise de déclaration de Foi.
Ce n’est pas sur les résultats d’un concours de vérité ou de doctrine que Jésus a recruté ses disciples. Mais comme le mot l’indique, c’est sur un appel à le suivreQue d’escarmouches stériles pourrions nous éviter si nous laissions notre Foi s’exposer davantage par le témoignage de notre vie que par l’exactitude de ses énoncés. C’est en Le suivant que les douze ont découvert sa vivante vérité marchant vers le don total de lui-même en « obéissance » aimante au Père (3).

Bien faire comme Dieu.

Pour suivre comment faire?
La tentation est forte de se croire également propriétaire du « bien faire comme Dieu ».
 L’exemple le plus flagrant est celui de la Liturgie. Qui fait bien comme le Christ à la cène ? Le copte, l’orthodoxe, le catholique ? Quel est le bon modèle, le définitif, le vrai ? La fraction du pain dans les catacombes, la messe sur le monde de Teilhard, celle de l’ermite dans son désert, celle des pontifes de la renaissance, celle des prisonniers dans les stalags ? Ici, aussi, traditions, cultures et histoire sont des vecteurs certes incontournables mais insuffisants pour « faire comme Dieu » ?
Et pourtant Dieu nous a bien donné une pensée et des mots pour transmettre le dépôt de la Foi. Il nous a donné une liberté pour orienter notre  vie. Il faut bien parler et agir et en cela nous avons la chance de pouvoir collaborer à l’action de Dieu sur le monde. Quel guide prendre pour « dire Dieu » et pour « faire comme Lui » sans commettre une forfaiture ? Il s’agit tout simplement de se laisser conduire par l’Eglise quand, tout entière, elle quitte les autoroutes confortables de la répétition pour suivre en balbutiant le Verbe qui se dévoile à elle en lui ouvrant le  chemin étroit. Car c’est bien en avançant vers sa Pâque et non en s’installant sur le Tabor que le Christ a dit tout ce qu’Il était.

L’auteur du quatrième évangile avait compris tout cela quand il retenait que Jésus avait déclaré être  « le chemin, la vérité et la vie », les trois en même temps et les trois en mouvement…comme les trois aimantés, mouvants et inépuisables de la Trinité.

(1) Benoît XVI « Lumière du monde » Bayard 2010 page 75
(2)«  Notre Foi » Beauchesne 1967 et le cardinal Renard d’ajouter dans ce même ouvrage:
« Le mot porte une pensée qui lui est comme intégrée ;c’est pourquoi l’Eglise répugne à recourir à d’autres termes, en même temps qu’elle cherche des expressions adéquates pour mieux faire comprendre sa doctrine… » « …il faut se garder de manier des mots comme si on maniait les réalités divines elles-mêmes: un mot, même le plus juste, n’enserre jamais toute la richesse qu’il exprime : c’est un peu comme un rayon de soleil dans un cristal. Certes, c’est un vrai rayon de soleil mais personne ne prétendra que le rayon dans un cristal est le soleil lui-même »
 « Notre Foi » ibid pge 88, 89.
(3) C’est ce qu’exprime  Urs Von Balthasar dans son livre « La Foi du Christ » à propos de la suite de Jésus 
«… pour le moment il ne s’agit pas de présenter quelque chose à croire, mais seulement d’une invitation à entrer dans le mouvement de la Foi d’Israël et de sa marche à la suite de Dieu, et il faut d’abord répondre à cette invitation pour découvrir que Jésus en est capable et l’homme incapable »  Page 132 ed. du Cerf 1994 
                                                                                                                 (Abbé Jean Casanave)